mardi 17 janvier 2012

Ainsi débuta l'année nouvelle

À partir de la mi-décembre, les gens se réunissent lors de bônenkai (fêtes de fin d'année), tandis que début janvier est plutôt propice aux shin'nenkai (fêtes de début d'année). Tout est alors prétexte pour se réunir et célébrer, chose qu'on a rarement l'occasion de faire plus tard dans l'année. Est-ce parce que nous étions contents de laisser derrière nous 2011, je ne sais pas, mais nous avons beaucoup célébré 2012.


Les feux d'artifice du Nouvel An

Notre Nouvel An s'est déroulé dans les avenues bondées et désormais bien connues de Minato Mirai. Accompagnés de deux de nos amis -qui se sont joints à nous faute de place dans leur train pour rentrer dans la famille à la campagne- nous avons assisté au Count Down de la grande roue du parc d'attraction. Il y avait un feu d'artifice au même endroit, mais il était tellement bas qu'on n'a pas trop pu en profiter.


Minato-Mirai New Year's Countdown 2011-2012 Minato-Mirai New Year's Countdown 2011-2012

Minato-Mirai New Year's Countdown 2011-2012

Minato-Mirai New Year's Countdown 2011-2012

Minato-Mirai New Year's Countdown 2011-2012 Minato-Mirai New Year's Countdown 2011-2012

Minato-Mirai New Year's Countdown 2011-2012

Minato-Mirai New Year's Countdown 2011-2012


Déjeuner copieux dans une brasserie française

Le 3 janvier, nous sommes allés avec notre amie de Kumamoto dans une brasserie française à Ishikawachô. D'après un ami qui connaît bien le quartier, ce restaurant, Brasserie Artisan, est de loin le moins cher pour la qualité qu'il propose. Nous voici donc à commander en entrée l'assiette spéciale Nouvel An (ribambelle de pâtés et autres foie gras, toasts, jambon fumé, tarte salée) qui nous calera déjà presque, suivie peu après du plat principal, en ce qui me concerne une salade contenant respectivement: une laitue à peu près entière + bacon, tomates, olives, oeuf dur sauce mayonnaise, carottes, céleri, pois chiches et pommes de terre entières; le tout dans une assiette géante. Plus une quiche.

Après ce copieux repas, il nous faudra au moins 4km de marche, entre les gares de Motomachi et de Yokohama, pour digérer. Notre estomac habitué à des quantités japonaises n'est plus ce qu'il était!

L'assiette de Nouvel An, ou "Bonjour le régime" de son petit nom

La salade géante. On notera la quiche qui sort de l'assiette...

Ce restaurant voit vraiment les choses en grand.


Hatsumôde au temple de Kawasaki Daichi

On a 8 jours après le 1er de l'An pour aller faire ce qu'on appelle le hatsumôde, la première visite de l'année au sanctuaire shintô ou au temple bouddhiste. Kawasaki Daichi, Haiken-ji de son vrai nom, est pour sa part un temple bouddhiste. Nous nous y sommes rendus avec 3 couples d'amis et nous étions finalement plusieurs milliers, sinon dizaines de milliers, à avoir eu la même idée ce jour-là.

Après avoir longuement sillonné les ruelles autour du temple et s'être arrêtés à tous les stands pour goûter ce qui s'y proposait, nous nous dirigeons vers le temple, attendons une bonne demi-heure à ses portes puis entrons enfin. D'abord, on passe près d'un énorme encensoir en attirant vers soi la fumée, pour se purifier. Ensuite on se munit d'une pièce de monnaie, traditionnellement une de 5 yen trouée au milieu qui symbolise la chance et la prospérité (certains préfèrent choisir 50 ou 500 yen, pensant qu'ainsi ils multiplient la chance d'autant) qu'on jette devant l'autel, puis on tape 2 fois dans ses mains en faisant un voeu.

Enfin, on achève le rituel on achetant un o-mikuji: on secoue vigoureusement une boîte en bois, trouée à sa base, jusqu'à ce qu'en sorte un petit bâton où est inscrit un numéro. Un moine nous confie alors un très joli papier correspondant au numéro en question; ce papier doit résumer tous les événements de notre vie pour une année. Chance, malchance, tout y est inscrit: si le contenu nous plaît, on garde ce petit papier dans un coin de son portefeuille; si ça ne nous plaît pas, on s'en débarrasse immédiatement en l'attachant aux fines branches d'un arbre ou sur des fils placés là pour l'occasion.


Désolée pour la qualité de toutes ces photos prises avec mon portable.

On remarquera les quelques personnes attendant leur tour...


Shin'nenkai au karaoké

Notre shin'nenkai officiel se fera avec un autre groupe d'amis dans le karaoke le plus fréquenté de Shibuya, le Shidax, dont les centaines de salles individuelles insonorisées se répartissent sur 5 étages. Pas question, comme en France, de chanter dans un bar devant des inconnus: on est entre amis en groupe de 2 à une dizaine (certaines salles peuvent accueillir jusqu'à 40 personnes), on chante à tour de rôles après avoir sélectionné sa chanson via des terminaux parmi un énorme choix de musiques constamment mis à jour. Avec ça, on boit et on mange, les menus sont très variés et les boissons à volonté selon les menus. On réserve généralement pour un temps déterminé, mais il est tout à fait possible de rester plus longtemps en payant un surplus si on n'a pas fini de chanter tout ce qu'on avait prévu!

Nous avons passé un très bon moment, dur de se décider à lâcher le micro au bout des trois heures imparties...

Le hall du bâtiment

 




La décoration change à chaque étage: c'est neutre ou coloré, mais toujours un labyrinthe!

On chante, on mange et on re-chante. (oui, certains mangent les frites avec les baguettes)


Cette petite réunion marque la fin des festivités; reste à savoir maintenant ce que la nouvelle année nous réserve!

dimanche 1 janvier 2012

Bonne Année 2012 !


Ou comme on dit ici :

Akemashite Omedetô Gozaimasu


Omotesando Xmas Illuminations 2011

Omotesando Xmas Illuminations 2011 Omotesando Xmas Illuminations 2011

Omotesando Xmas Illuminations 2011


2011 fut une année riche en rebondissements politiques et catastrophes naturelles; cette année est derrière nous désormais. Nous attendons le meilleur de 2012 ou tout du moins, du un peu moins stressant !

Nous vous envoyons dans tous les cas nos meilleurs voeux de bonheur. Parce que finalement, le bonheur contient un peu de tout ce qu'on peut souhaiter de positif dans ces occasions, non?

Et que 2012 réserve à chacun de bonnes surprises ! Bonne année à tous !


Mi and Yo

samedi 24 décembre 2011

Lumières de Noël

Shiodome Caretta Blue Forest Illuminations 2011

Shiodome Caretta Blue Forest Illuminations 2011

Shiodome Caretta Blue Forest Illuminations 2011

Quelques photos de la "Caretta Shiodome Blue Forest Illuminations" près de Shinbashi pour vous souhaiter à tous de joyeuses fêtes!

vendredi 9 décembre 2011

Feuilles d'automne

À deux semaines de l'hiver, les érables japonais arborent toujours leurs feuilles d'automne aux couleurs chaudes à peine brunies. La faute aux températures élevées qui décalent le passage des saisons. Ainsi en 2011 le printemps est arrivé fin avril, l'été a duré jusqu'en octobre et les températures maximales de décembre ne se décident que fort péniblement à tomber sous les 10°c. On y vient, nous promet la météo, tandis que le temps s'amuse à parsemer des 20°c de-ci de-là et à nous faire ressortir les vestes demi-saison.

Voici donc un petit aperçu du parc Inokashira dans le quartier animé de Kichijôji. Pour le spectacle cette année, les arbres avaient sorti leurs plus belles parures.

Autumn at Inokashira Park - 紅葉・井の頭公園

Autumn at Inokashira Park - 紅葉・井の頭公園 Autumn at Inokashira Park - 紅葉・井の頭公園

Autumn at Inokashira Park - 紅葉・井の頭公園

Autumn at Inokashira Park - 紅葉・井の頭公園 Autumn at Inokashira Park - 紅葉・井の頭公園

Autumn at Inokashira Park - 紅葉・井の頭公園

Autumn at Inokashira Park - 紅葉・井の頭公園 Autumn at Inokashira Park - 紅葉・井の頭公園

Autumn at Inokashira Park - 紅葉・井の頭公園

mercredi 7 décembre 2011

Les funérailles bouddhistes

En septembre dernier, nous avons bien malgré nous découvert les funérailles bouddhistes japonaises. C'est un sujet délicat qu'il m'a pourtant semblé important d'évoquer sur ce blog.

Ici et comme dans toutes les coutumes japonaises, les codes à respecter sont très lourds. Et si l'on pardonne toujours les faux pas au nouveau venu, un enterrement n'est pas le lieu où l'on attend de vous des impairs. Il convient donc de beaucoup et longuement se renseigner, avant toute chose.


Avant la cérémonie

Les vêtements

Selon la mode occidentale on porte du noir, sobre et formel - même si la tenue traditionnelle portée lors de la veillée funèbre était autrefois entièrement blanche. On codifie jusque dans les détails: pour les hommes, un costume noir, une chemise blanche et une cravate noire. Pour les femmes une robe noire, un kimono noir ou à défaut un costume noir. Les seuls bijoux acceptés pour les femmes sont les perles. Sinon, rien de satiné, rien de brillant, rien de rayé, rien d'une couleur sombre autre que le noir même pour les accessoires, aucune transparence, aucun ornement.

S'il se peut que les jeunes fassent des entorces à ces règles, aucun des plus âgés ne se le permettra. À savoir, dans tous les cas le rouge est exclu même par touches discrètes: le rouge et le blanc ensemble sont les couleurs de la chance utilisées dans les mariages traditionnels, ce serait à un enterrement une insulte au mort.

Parlons argent

Le coût moyen des funérailles au Japon, 2.3 millions de yen soit environ 22000€ (contre une moyenne de 5000€ en France) en font les funérailles parmi les plus chères du monde. Pourquoi donc? Il y a deux raisons qui justifient ces prix très élevés: la première, pratique, est dûe au manque de place qui rend les parcelles de terre rares. La seconde, plus opaque, est dûe aux prix fixés par les temples pour donner son nom posthume au mort; ces montants ne seront jamais discutés par la famille, ce qui permet aux temples une très grande liberté, pour ne pas dire impunité. Le temps passant et les tendances se modifiant, les familles cherchent de plus en plus des prix abordables - que ce soit pour les funérailles ou les mariages.
Quelquefois le regard des autres joue aussi un rôle: si les voisins ou les collègues sont conviés à la cérémonie, un petit enterrement peu dispendieux peut apparaître comme un manque d'honneur.

Ces coûts exhorbitants ne sont pas uniquement supportés par la famille, mais par tous ceux qui assistent à la cérémonie. Ainsi, il est d'usage d'offrir une somme d'argent, kôden, qui varie en fonction du degré de parenté avec le défunt: de ¥3000 (30€) pour les lointaines connaissances et jusqu'à ¥30000 (300€) pour la famille proche selon les cas. Cela fait beaucoup d'argent s'il y a beaucoup de monde.


Offrir cet argent représente également un rituel. Ainsi, il vous faudra acheter une enveloppe aux rubans noir et blanc prévue à cet effet (traditionnellement réalisée à la main, désormais achetée 1€ au combini) sur laquelle vous inscrirez votre nom en caractères chinois avec un feutre-pinceau spécial qui devra écrire gris foncé ou noir "usé" et non noir profond: cela symbolise la tristesse, l'encre a coulé avec vos larmes. À l'intérieur de l'enveloppe, on insère des vieux billets déjà utilisés, ce qui signifie que le décès nous a surpris, qu'on ne s'y attendait pas et que, pris de court, on s'est servi de l'argent qu'on avait sous la main. Contrairement aux mariages où l'on offre des billets neufs fraîchement sortis du distributeur.

L'enveloppe dûement préparée sera remise au tout début de la cérémonie à la personne de la famille en charge de gérer les obsèques, généralement le fils aîné, qui se distingue des autres par un insigne sur sa veste.

Certaines fois, si l'on fait partie des proches, il conviendra aussi d'acheter au préalable au temple un bouquet de fleurs qui orne l'estrade où se déroule la cérémonie. Les bouquets s'aligneront joliment autour de la photo de la personne regrettée, avec sous les bouquets les noms ou titres de ceux qui offrent ce cadeau: "de la part de ses soeurs", "de la part des petits-enfants".


Les cérémonies

La veillée funèbre

La veillée funèbre, o-tsuya, a lieu le lendemain soir du décès. C'est à ce moment qu'on apporte le corps du défunt au temple et que l'on passe la soirée dans le recueillement le plus total. Un moine récite des mantras en égrenant son chapelet pour accompagner l'âme du défunt dans son long voyage. Cette cérémonie intime concerne la famille proche. C'est là notamment qu'on confie le kôden pour aider la famille endeuillée à faire face aux dépenses des funérailles. Après la veillée on s'asperge brièvement de sel afin de se purifier, une vieille coutume issue du shintoïsme.

La crémation

Quelques jours plus tard se déroule la crémation (plus de 99% des Japonais se font incinérer: jusqu'il y a peu, c'était l'unique procédure légale, donc obligatoire). Tout le monde est invité cette fois, famille, amis, voisins, collègues; adultes et enfants confondus. La cérémonie commence comme la veillée funèbre: collecte du kôden et nouvelles prières du moine qui invite l'assemblée à se recueillir devant le défunt tandis qu'il recite les mantras. À ce moment, voici ce qu'il convient de faire:
  • se lever et saluer brièvement l'assemblée
  • s'avancer vers l'autel où sont posés de l'encens (pour obtenir l'aide des bons esprits), la photo du défunt et parfois une bougie, coutume issue du christianisme
  • s'incliner respectueusement devant l'autel, les mains jointes
  • saisir du bout des doigts un peu d'encens sous forme de poudre, l'élever à hauteur du front et le déposer dans le brûleur. Cette opération est répétée rapidement 2 autres fois
  • s'incliner à nouveau, mains jointes, devant l'autel
  • se retourner et s'incliner devant l'assemblée avant de regagner sa place.
La prière terminée, on apporte le cercueil que l'on ouvre pour que les gens puissent faire leurs derniers adieux. Le défunt a été préalablement lavé, habillé et maquillé de façon à lui redonner vie. Autour de lui, des lettres, des dessins, des photos: ses souvenirs. Les invités sont chargés d'embellir le lit du défunt en parsemant l'intérieur du cercueil de fleurs. Il arrive parfois qu'on place un couteau sur la poitrine du mort pour éloigner les mauvais esprits; une coutume datant de l'époque des samouraïs.

Une fois le cercueil placé par les hommes dans le corbillard, le cortège s'achemine vers le crématorium. Le moine dirige la procession car c'est lui qui aidera l'âme du défunt libérée de son enveloppe charnelle à trouver son chemin. Après la crémation, les quelques os et les cendres du défunt sont récupérés: tour à tour les personnes présentes, munies de longues baguettes, saisissent les os et les déposent précautionneusement dans une urne funéraire. S'il y a peu d'os à conserver ou beaucoup de monde à faire passer, il s'agira de se passer l'os de baguettes à baguettes avant de le déposer dans l'urne.

C'est pourquoi il ne faut jamais, dans la vie de tous les jours, se passer la nourriture directement d'une paire de baguettes à une autre: ce serait un énorme impair. Tout comme planter ses baguettes à la verticale dans un bol de nourriture: c'est le geste effectué pour offrir de la nourriture au mort.
Attention, donc.

Les cendres sont mises dans l'urne et l'urne dans une boîte en bois scellée, puis le cortège retourne au temple. Un repas, prévu pour les convives et le moine, a été préparé selon les goûts du défunt: s'il aimait la viande, on sert de la viande; s'il n'aimait pas les tomates, on évite les tomates. Le défunt a d'ailleurs droit à sa place et à sa part. Un de mes amis, chef d'un restaurant français à Kamakura, m'a d'ailleurs raconté qu'il avait déjà eut la surprise d'accueillir dans son restaurant un groupe de gens silencieux et recueillis qui avaient réservé une place vide en bout de table pour placer la photo d'un proche disparu. Et oui, c'est à savoir: c'est un repas pour le défunt donc s'il aimait manger français, les proches mangeront français aussi!

L'enterrement

L'enterrement intervient 49 jours après le décès. C'est une très courte cérémonie où, après les prières rituelles, on enterre l'urne dans le caveau familial. On lave ensuite la pierre tombale au nom et aux armes de la famille. Sur des bâtons de bois sont gravés les noms des morts enterrés là: le nom posthume diffère de celui porté de son vivant pour éviter au mort de revenir chaque fois que son nom est prononcé.




Après la cérémonie

Certes, les funérailles japonaises coûtent cher, mais la coutume veut que tout ceux qui ont financièrement participé à la cérémonie reçoivent à leur tour un cadeau de remerciement, okaeshi. Il s'agit d'un livre contenant un large panel d'objets (dont les prix ne sont pas indiqués) où l'on est libre de choisir celui qu'on veut. Vaisselle, maroquinerie, bijoux, meubles et même séjours détente: tout y est.

Si comme nous, petits étrangers perdus que nous sommes, les gens de votre famille ont tout organisé pour vous, ont tout payé pour vous, ont tout fait pour vous: vous emmener, vous ramener, vous aider dans les procédures, histoire que vous n'ayez finalement rien à faire, et que ces gens se trouvent tout simplement heureux et touchés que vous soyez venus, faites comme nous: au lieu de choisir un cadeau, on peut aussi choisir de faire un don à une ONG.
Comme ça, non seulement on aide les autres mais on a aussi la conscience tranquille...

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Sources:

http://en.wikipedia.org/wiki/Etiquette_in_Japan#Funerals
http://en.wikipedia.org/wiki/Japanese_funeral
http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20090728i1.html
http://book.asahi.com/aisare/TKY201004050169.html
http://tanutech.com/japan/jfunerals.html 
http://vincent-japon.blogspot.com/2007/08/funrailles.html
Le Figaro, 31/10/08

lundi 21 novembre 2011

Métro et heures de pointe

Je n'ai jamais eu l'occasion de parler des heures de pointe tokyoïtes - qui, pourtant, sont bien connues outre-Pacifique. Les rush-hours ici sont simplement et tout bonnement extraordinaires. Du grand art à l'état pur, que les gares propres, les trains ponctuels ou les files d'attente bien formées devant les portes ne sauraient faire oublier.
 
Et attention! je ne parle même pas de la masse compacte et uniforme de milliers de costumes/cravates/tailleurs qui jaillissent littéralement des voitures dans les gares animées, ni des agents de sécurité postés devant les escalators pour contenir le flot d'arrivants dont la plupart savent parfaitement courir sur le rebord des quais. Non, je parle d'un phénomène qu'on ne trouve que dans les grandes métropoles japonaises et nulle part ailleurs.
 
Premier exemple.
Un monsieur avec un gros sac de sport, courant vers son train dont les portes vont se fermer, se jette sans plus de manière dans une voiture. Jusque-là, à part une forte discourtoisie envers ses voisins directs, rien d'anormal. Les portes tentent de se fermer sans succès pendant 20 secondes puis un des "agents de quai" remarque que le monsieur a du mal à s'insérer dans la voiture et arrive pour le pousser. À ce moment de l'histoire je suis obligée de préciser que les autres voitures ne sont pas aussi remplies que celle où le monsieur veut monter, mais parti comme il est pour déranger les autres, il n'envisage plus de changer de place. Tenez-vous bien: l'agent appelle en renfort 2 autres collègues qui vont venir pousser à leur tour le monsieur qui doit absolument entrer ici. Une autre minute sera nécessaire pour stocker le perturbateur qui se calera avec difficulté, le sac sur la tête, dans une voiture remplie à plus de 200% de sa capacité*.
 
 



Deuxième exemple.
Un matin, un train entre en gare et s'immobilise. À l'intérieur, comme d'habitude, les gens s'entassent - la plupart d'entre eux descendent à cet arrêt. D'entrée de jeu, la pression à l'intérieur est telle que les portes ont du mal à s'ouvrir. Ce qui mécontente fortement les gens derrière (imaginez! perdre 5 secondes...) qui poussent encore plus pour pouvoir sortir. Évidemment, fatalement, l'homme aux premières loges tombe sur le quai sous la poussée de ses camarades qui, croyez-le ou non, se précipitent hors de la voiture en lui marchant dessus!! Je tente d'aider le blessé à se relever -sa main saigne un peu- avec beaucoup de mal, car 50 personnes descendent en même temps sans prêter attention à lui. Son attaché-case ne ressemble plus à grand chose. Le monsieur regarde alors sa montre, réalise qu'il a perdu du temps et se presse comme les autres vers les escalators.

Prodigieux. Surnaturel. Y a-t-il des scientifiques pour étudier ce comportement incroyable?


Toutefois, et heureusement, il existe des alternatives (qu'on a tôt fait de connaître!) pour éviter ce genre de trains: partir plus tôt / plus tard, préférer les locaux aux express, monter au terminus, choisir une ligne moins bondée... Quand on s'est fait prendre une fois dans un train pareil, on apprend vite à contourner le problème!
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* Un train long est rempli à 100% de sa capacité lorsque toutes les places assises sont occupées et que toute personne debout a de quoi s'accrocher. Cela diffère de la RATP qui définit la capacité maximale d'un train long par une norme de confort de 4 voyageurs/m2.

samedi 12 novembre 2011

Bidoche bizarre (et autres biftecks biscornus)

Dans les ruelles oubliées de Sakuragichô, au deuxième étage d'un petit immeuble se cache Chinjûya, un restaurant un peu particulier qui sert à ses clients un panel de viandes tout à fait inhabituelles. Les quantités sont modestes pour une addition salée, mais les viandes sont savoureuses (contre toute attente!) et valent définitivement le coup d'oeil.

Sakuragicho - Alternative Meat restaurant Sakuragicho - Alternative Meat restaurant

Nous commençons donc par de l'autruche crue :

Sakuragicho - Alternative Meat restaurant

Suivie par du serpent (dont le goût ressemble à s'y méprendre à celui du poulet) :

Sakuragicho - Alternative Meat restaurant

Puis un peu de kangourou :

Sakuragicho - Alternative Meat restaurant

Et un petit animal d'origine mexicaine du genre salamandre, l'Axolotl :

Sakuragicho - Alternative Meat restaurant

(Voici sa photo en plus vivant sur Wikipédia)


On enchaine avec du faisan (ce qui n'est pas particulièrement inhabituel en Europe mais bon, au Japon ils ne connaissent pas. Ils ne mangent pas de lapin non plus, d'ailleurs, soit dit en passant) :

Sakuragicho - Alternative Meat restaurant

Et on termine par un redoutable prédateur que je vous laisse reconnaître!

Sakuragicho - Alternative Meat restaurant

Sakuragicho - Alternative Meat restaurant